LE CORPS ET L'ESPACE. cours n°9.

Publié le par DUSTER

LE CORPS ET L' ESPACE.

LA POSITION.

Comme quelqu'un qui prétend énoncer une conviction profonde, mais porte sur son auditoire un regard morne, tandis que son corps tout entier n'exprime qu'une chose : je ne veux pas être ici! on parle avec son corps, avec ses gestes, autant qu'avec ses mots. C'est pourquoi il est important de mettre son corps tout entier au service de la parole.

Prendre sa place, ni trop vite, ni trop lentement. Assurer son équilibre : talons un peu écartés, pieds ouverts. Se tenir droit mais pas raide, buste redressé. ne pas rester les bras ballants. Regarder le public. Relever la tête devant le micro, et montrer son visage et non son crâne.

LE REGARD.

Quand la bouche dit oui, le regard dit peut-être. Victor Hugo. Ruy Blas.

Le regard, mais aussi le corps tout entier peuvent tenir un discours bien différent de celui qui s'exprime par la parole. Pensez à regarder bien face à vous à la limite de la dévisagilasation.

L'AMPLITUDE VOCALE.

La voix est un second visage. Gérard Bauër.

Il est étonnant de vérifier à quel point l'usage de la voix est altéré dans les habitudes quotidiennes : monotonie, atonie, engorgement... et il est merveilleux de constater combien son épanouissement, éclaire la pensée de celui qui accepte de s'en servir pleinement.

Sans forcer, sans crier, apprendre à placer sa voix et à travailler son amplitude.

Articulation : ouvrir la bouche sans exagérer, détacher les mots, ne pas escamoter les fins de phrases. Mettre en valeur les consonnes : percutantes, roulées, chuintantes, veiller aux liaisons. Les voyelles donnent la couleur et la force du texte. Attention aux accents aigus, graves et circonflexes et aux trémas. Ne pas lire trop vite : une lecture lente paraît moins longue aux auditeurs. Ils comprennent mieux et peuvent participer en ayant une écoute active. Surtout bien marquer les coupures, les pauses de ponctuation. Se tenir à 20cm du micro. Ne pas parler du bout des lèvres, du nez ou de l'arrière-gorge.

LE COMPORTEMENT.

Je ne sais pas quoi faire de mes mains disait un acteur à son maître Louis Jouvett, eh bien, laissez-les au bout de vos bras mon ami ! .

Le geste accompagne la parole naturellement. Il n'y a pas de gestes particuliers à exécuter. C'est une question de confiance. Que faire de mes mains? est une mauvaise question. Parler en public nécessite un engagement, une mise en tension qui engage le corps tout entier. Rien à voir pourtant avec la crispation, mais rien à voir non plus avec le relâchement. Se détendre, et se laisser porter par le texte. Les mouvements viendront d'eux-même. Déplacez-vous, marchez, bougez les bras, etc...

L'INTENTION.

Le message est un massage. Marshall Mac Luhan.
Nous communiquons avec des intentions :

décrire, expliquer, convaincre, plaire, encourager, persuader, dénoncer, conseiller, mobiliser.

Il est nécessaire que ces intentions soient clairement ressenties et comprises par le destinataire. Quiconque ne parait pas engagé, impliqué, intéressé par ce qu'il dit, ne peut espérer intéresser, ou mobiliser son auditoire. Son message ne laissera pas de traces. Il ne marquera pas la mémoire de son auditeur. Il ne le touchera pas. Pourtant le but que l'on veut atteindre lorsque l'on slame est de partager, d'échanger.

LE TRAC.

Un orateur qui n'aurait pas peur, devrait être considéré comme irresponsable, et comme tel, interdit de parole. Aristote.
Ce qui paraît si facile dans la vie de tous les jours, devient soudain un acte éprouvant dès qu'il s'agit de parler face au public. Cela se comprend car, dans ce cas, la parole est un acte déterminé par une nécessité ou un objectif. Le trac est un phénomène naturel. Nous nous trouvons face à notre responsabilité comme un animal face à un danger :
j'attaque?
je me défend?
je me sauve?
je fais quoi?

Le seul remède au trac est l'engagement de tout votre être, physique et mental dans l'action de communiquer. Rassurez-vous, lorsque vous êtes lancé, il disparait. Ne reste plus que cette envie de partager, d'échanger.

 

ASTUCES :

Tenez un petit objet dans la main, et le presser lorsque vous vous sentez stressé.

Concentrez-vous sur une seule personne, comme si vous parliez à un confident.

Avalez votre salive deux ou trois fois pour rétablir l'équilibre de pression externe-interne.

Respirer profondément bloque les réflexes incontrôlés. On se gonfle, on prend du volume, de l'assurance. La réserve d'air portera ensuite la parole. On se place mieux.

Regardez le public bien calmement à droite, puis à gauche, et au centre. Le public, ce sont des personnes comme nous qui attendent un service et nous en sont reconnaissants à l'avance.

Faites comme si vous avez votre téléphone portable et que vous adressez à un correspondant, marchez et parlez, et ensuite laissez le de côté et tournez vous vers le public tout en continuant votre récit.

Commencez dos au public, peut se faire, mais c'est impoli.

 

 

LE PLAISIR.

S'il est un moment jouissif entre tous, c'est cet instant où, après avoir beaucoup travaillé et parfois souffert, un orateur découvre soudain, l'ineffable plaisir, de dire et de se sentir reçu et accueilli pleinement par ceux qui l'écoutent. Ce moment où, corps, voix et mots sont en pleine harmonie. Il est si impressionnant cet auditoire à qui vous devez parler! si vous saviez pourtant combien ce public est votre principal appui, votre meilleur allié. Il vous sera toujours reconnaissant s'il voit que vous le traitez comme un partenaire, et non comme un adversaire.

 

Exercice n° 12 :
Faire lire un slam.
Demander au public se qui va, et ce qui ne va pas. Aider à corriger la personne avec gentillesse et patience.

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Publié dans DATE DE LA SESSION

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