un article toujours d'actualité...à l'attention de ceux qui me parlent encore de GCM.

Publié le par DUSTER

là j'avais envie de vous faire lire un article de Jaco qui est toujours d'actualité, alors juste pour le plaisir...

VOICI L'ARTICLE: "SLAMSAOULE DANS UN UNIVERS SALE"

"Ce n'est pas avec plaisir qu'aujourd'hui j'écris cet article. J'ose dénoncer et montrer du doigt ce que je nomme la plus grosse arnaque culturelle de l'année 2006.
Les lignes qui vont suivre ne remettent pas en cause la qualité artistique des personnes citées, mais dénoncent ce que j'appelle une tentative de récupération du mouvement (bien que je pense en mon for intérieur que nous ne sommes plus au stade de la tentative...)

On pourra même dire que c'est mon orgueil, ma jalousie, ma méchanceté, mon ego surdimensionné, ... qui me poussent au coup de gueule, mais les moteurs qui me font avancer ne sont que la poésie et la volonté de sauvegarder la communauté (je crache et je parle en votre nom).

Nous voyons depuis quelques mois sur nos télévisions plusieurs spots qui ont pour mission de promouvoir des albums slam, des interviews sur le slam, des clips slam, et bientôt je le pense des boîtes de céréales slam. Vous me direz que j'opère un snobisme contre ce qui devient populaire mais non ! A toutes celles et ceux qui mettraient ma parole en doute je vous invite à venir assister à une des nombreuses scènes que vous trouverez sur ce site, vous pourrez de votre propre chef conclure au résultat suivant « on ne slame pas chez Universale... » Je ne suis ni élitiste ni underground mais simplement au niveau de la rue donc à votre niveau à tous et je ne me reconnais pas dans ce que peuvent dire les media sur le slam.
A savoir que le Slam comme le disent les gens ne veut strictement rien dire : pour que ce mot ait du sens on dit Slam de Poésie. Poetry Slam est un mot américain qui veut dire SHELEM DE POESIE comme on peut dire schelem au bridge, au rugby, au tennis, au tarot,...(et j'en passe), bref pour dire qu'à la base le Slam de poésie est un tournoi de poésie et non pas un genre. En 1984 à Chicago un poète du nom de Marc Smith eut un jour la bonne idée de faire que la poésie devienne un spectacle vivant et pour cela il essaya de plusieurs façons de mettre la poésie en « show » mais une seule recette fonctionna, le tournoi de poésie où le public par le biais de trois ou cinq jurés choisis au hasard dans l'audience participe activement au spectacle. Comme dans tout sport ou tournoi, il y a bien évidemment quelques règles Mais au-delà de la mauvaise définition du mot Slam qui court de plus en plus vite dans les rues, il y a un autre problème que je souhaiterais soulever. IL N'Y A PAS DE SLAMEUR, juste des poètes qui participe à un slam de poésie. Grand Corp Malade (que je n'ai jamais vu participer à un tournoi de poésie régi par les règle du Slam de poésie, malgré plus d'une centaine de tournois qui on été organisés en moins d'un an) n'est pas slameur mais poète et il le fait bien, il est seul sur scène avec des musiciens, seul sur son C.D. (presque). Il est accompagné par de la musique et sa maison de disques appelle ce produit « slam » et renchérit même « qu'ils feront plus de disques de slam si cela peut aider les jeunes des cités à écrire au lieu de brûler des voitures ». Mais est-ce que ce monsieur sait ce qu'est un slam de poésie, un jeune de cité et de plus un atelier d'écriture dans des endroits chauds (comme ils disent) je ne pense pas, et je ne pense pas non plus que ce monsieur soit un philanthrope qui recherche la béatitude de tout être, autrement je pense que son patron ne serait pas content, donc monsieur contentez-vous de vendre des disques et ne pensez plus au bonheur des jeunes de banlieue car ça on y croit pas vraiment...
Et quelques semaines plus tard un album Slam pointait son nez avec plusieurs poètes qui se lâchaient sur de la musique (il y a méprise quelque part non ?). Sur la pochette de ce disque j'ai lu « original Slam, poésie urbaine ». Il y a déjà de la part de la major E.M.I une singulière amélioration... Mais ma grand-mère très peu urbaine n'est pas représentée là-dessus et pourtant Dieu sait qu'elle est une très bonne poétesse. Merci à Arthur Ribo qui au passage nous donne un très bel a capella sur le slam mais qui ne présente pas vraiment le mouvement comme il l'est réellement. De plus, il est vrai que la critique de Télérama donne fff à cet album : mais où sont les journalistes de Télérama aux scènes populaires qui regroupent SDF et PDG, seraient-elles trop « populaces » pour un magazine culturel, ou bien se seraient ils fais arnaquer par les maisons de disques ?
L'autre jour à Aurillac pendant le festival international du spectacle de rue auquel nous avons participé j'ai pu entrevoir tout seul avec sa guitare et son clavier un certain Pat le Pirate qui critiquai Pascal Obispo dans les chansons qu'il proposait aux badauds « LE SLAM DE PAT LE PIRATE ». A la question qu'est-ce que le slam ? il m'a répondu qu'il ne savait pas mais que c'était plus « in » que chansonnier (merci Universal !!). deux jours plus tard à Aurillac toujours, pour vendre un montage poétique de François Villon, un tract annonçait de la poésie médiévale façon Slam mais combien de tour dans sa tombe a du faire ce bon vieux François Villon qui n'est aujourd'hui plus un poète mais un slameur ??? Ils méprisent non seulement les poètes vivant mais aussi les poètes morts... Consternant !

Pareil un jour je vais à un slam de 139 A (ou un truc comme ça...) et bien il y avait 4 poètes sur scène et 50 dans le public qui n'ont pas participé. Peut-on appeler ça slam ? Eh bien non c'était un concert de rap conscient (bon concert en plus !!!) qui surfait sans doute sur le fait que le mot slam est plus « in » que rappeur conscient. De plus cela m'a coûté 10 €, ce qui prouve que leur « slam conscient » n'est pas ouvert à tout le monde.

Alors par respect pour la communauté et pour la poésie je me devais d'écrire ces quelques lignes qui j'en suis sûr feront grincer les dents de certains capitalisateurs, mais allègeront la colère d'autres poètes qui n'osaient encore rien dire.

Je ne suis pas là pour singer la marionnette et faire peur aux bobos de l'est parisien mais pour faire kiffer la mémé du seizième...

Paix

Jaco "

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